La fintech française a franchi les 10 milliards d’euros de bilan en 2025, dont près de 9,7 milliards laissés par ses clients sur leurs comptes. Son résultat net recule pourtant de 36 %, à 92,8 millions d’euros, pour un troisième exercice consécutif dans le vert.
Ce qui change
Les comptes sociaux 2025 de Qonto, analysés par « Les Echos », décrivent une entreprise qui grossit toujours, mais qui gagne moins d’argent qu’en 2024. Le produit net bancaire atteint 495,4 millions d’euros, en hausse de 10,4 %, après une progression de 44 % l’année précédente. Les commissions, tirées surtout des abonnements et des paiements par carte, montent de 22 %, à 317,6 millions d’euros.
Le bénéfice, lui, retombe à 92,8 millions d’euros, contre 144,4 millions en 2024 et 71 millions en 2023. Deux explications : des coûts en hausse et une fiscalité plus lourde. Qonto n’a pas souhaité commenter ces chiffres.
9,7 milliards d’euros confiés par les entreprises
Le passage au-dessus des 10 milliards d’euros de bilan tient d’abord aux sommes que les entreprises laissent dormir sur leur compte Qonto : près de 9,7 milliards d’euros. C’est cette masse qui intéresse la fintech, car elle constitue la matière première d’une activité de crédit et d’épargne qu’elle ne peut pas encore exercer seule.
Une transformation en banque toujours en cours
Qonto a déposé en juillet 2025 une demande d’agrément d’établissement de crédit auprès de l’ACPR. Ce statut lui permettrait de prêter directement à ses clients, sur des montants plus élevés et des durées plus longues, et de rémunérer leur épargne. L’instruction d’un dossier de cette nature se compte en années, et aucune date d’obtention n’est annoncée.
La comptabilité comme nouvelle brique
En parallèle, Qonto a repris pour 750 000 euros les actifs d’Acasi, cabinet d’expertise comptable en ligne placé en redressement judiciaire le 31 mars 2026. L’opération porte sur la technologie, les contrats en cours, les titres et la trentaine de salariés du cabinet, qui revendique 1 500 clients. Objectif affiché : proposer une offre de comptabilité certifiée directement dans l’application, à côté du compte professionnel et de la facturation. Le déploiement se fera progressivement, sans calendrier public à ce jour.
Vos fonds ne relèvent pas de la garantie des dépôts
Qonto est aujourd’hui un établissement de paiement, pas une banque. Les sommes placées sur un compte Qonto ne sont donc pas couvertes par la garantie des dépôts de 100 000 euros du FGDR.
Elles sont cantonnées sur des comptes dédiés ouverts auprès d’établissements de crédit, un mécanisme protecteur mais différent. Cette règle vaut tant que l’agrément d’établissement de crédit n’a pas été obtenu.
Qui est concerné
Les 600 000 clients de Qonto, répartis dans huit pays : France, Italie, Espagne, Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas et Portugal. Pour eux, ces résultats ne changent rien au quotidien. Ni les tarifs ni le fonctionnement des comptes ne sont modifiés.
Trois profils ont malgré tout intérêt à suivre le dossier :
- Les indépendants et les TPE qui hésitent encore sur leur compte pro. Trois exercices bénéficiaires d’affilée restent un signal de solidité dans un secteur où beaucoup d’acteurs perdent encore de l’argent, même si la marge se resserre.
- Les dirigeants qui cherchent un financement. Tant que la licence bancaire n’est pas accordée, Qonto s’appuie sur des partenaires, avec des montants et des durées limités.
- Ceux qui laissent une trésorerie importante sur leur compte. Le statut d’établissement de paiement mérite d’être compris avant d’y stocker plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Ce qu’il faut faire
Rien dans l’immédiat : aucune démarche n’est demandée aux clients, et aucune évolution tarifaire n’a été annoncée. Quatre réflexes utiles malgré tout.
- Si votre trésorerie sur le compte est élevée, vérifiez comment elle est protégée et envisagez de répartir les montants les plus importants entre plusieurs établissements.
- Si vous attendez une offre de crédit ou d’épargne signée Qonto, ne bâtissez pas votre plan de trésorerie dessus : rien ne sera disponible avant l’agrément.
- Si l’offre de comptabilité vous intéresse, attendez son lancement effectif et son tarif avant de résilier un accompagnement existant.
- Ne choisissez pas un compte professionnel sur les seuls résultats financiers de son éditeur. Les tarifs, la qualité de l’assistance et les fonctions dont vous avez réellement besoin restent les critères déterminants.
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