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Appel robotisé en pleine nuit : l’arnaque au faux conseiller bancaire qui vous demande de taper 1

Une voix enregistrée vous réveille pour signaler un prélèvement suspect et vous propose de taper 1 pour parler à un conseiller. C'est la porte d'entrée de la fraude au faux conseiller bancaire, qui vise aussi les comptes pros. Les bons réflexes et vos droits au remboursement.

Appel robotisé en pleine nuit : l’arnaque au faux conseiller bancaire qui vous demande de taper 1

Votre téléphone sonne à 1 heure du matin, numéro masqué, et une voix enregistrée vous annonce qu’un prélèvement suspect de plusieurs centaines d’euros est en train de partir de votre compte ? Raccrochez : c’est le scénario qu’a reçu un client de Société Générale du Pays de Dinan, dans la nuit du 1er au 2 octobre 2026, avec un montant de 906 € et une consigne simple, taper 1 pour joindre un conseiller.

Il a coupé, vérifié ses comptes, et rien n’avait bougé. La touche 1 l’aurait mis en relation avec un faux conseiller, chargé de lui faire valider lui-même l’opération qu’il croyait bloquer.

Ce qui change avec cette variante

La fraude au faux conseiller bancaire n’a rien de nouveau. Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public d’assistance aux victimes, la décrit ainsi : l’escroc se présente comme le service anti-fraude de votre banque, parfois en affichant son vrai numéro, signale des opérations suspectes et vous demande, pour les annuler, de lui donner un code reçu par SMS ou de confirmer une action dans votre application. En réalité, c’est vous qui autorisez le paiement ou le virement frauduleux.

Le message robotisé ajoute deux leviers. L’heure, d’abord : réveillé en sursaut, vous réfléchissez moins vite et vous ne pouvez pas joindre votre agence pour vérifier. Le tri, ensuite : l’appel automatique permet de composer des milliers de numéros, et seuls ceux qui tapent 1 arrivent jusqu’à un escroc. Celui-ci parle alors à quelqu’un qui croit déjà à la fraude.

Ce qu'aucune banque ne vous demandera par téléphone

Un vrai conseiller ne vous demande jamais :
• un mot de passe ou un code reçu par SMS ;
• de valider une opération dans votre application pour en « annuler » une autre ;
• de faire un virement vers un compte dit « sécurisé » ;
• d’installer une application ou de partager votre écran.
Une demande de ce type suffit à identifier l’arnaque, même si le numéro affiché est bien celui de votre banque.

Qui est concerné

Tous les clients de toutes les banques, en ligne comme en agence. Les escrocs n’ont pas besoin de savoir où vous avez votre compte : ils citent une banque au hasard ou restent vagues, et attendent que la cible complète d’elle-même.

Les indépendants et les dirigeants sont des cibles de choix. Leur numéro figure souvent sur un site, une fiche d’entreprise ou une facture, et un compte pro brasse des montants plus élevés qu’un compte perso. Ils sont aussi moins protégés en cas de perte. Le code monétaire et financier prévoit qu’un paiement non autorisé signalé dans les 13 mois doit être remboursé par la banque, qu’il lui revient de prouver que l’opération a été authentifiée, et que la part laissée à la charge du client avant opposition est plafonnée à 50 € en cas de vol ou de perte de la carte. Mais l’article L133-2 du même code permet à la banque d’écarter plusieurs de ces règles par contrat, dont le plafond de 50 € et la charge de la preuve, dès que le titulaire n’est pas un particulier agissant pour ses besoins personnels.

Votre compteCe qui s’applique en cas de fraude
Compte persoLes règles du code monétaire et financier s’imposent à la banque, sans dérogation possible
Compte pro d’une société ou d’un entrepreneur individuelLes mêmes règles, sauf celles que votre convention de compte a écartées : relisez la partie sur les opérations non autorisées

Dans les deux cas, la banque peut refuser de rembourser si elle démontre une négligence grave de votre part, et donner vous-même un code au téléphone est souvent l’argument avancé. D’où l’intérêt de raccrocher avant d’en arriver là. Si vous hésitez encore sur la séparation de vos comptes, nous avons détaillé quand un compte pro est obligatoire et quand un compte perso suffit.

Ce qu’il faut faire

Si vous recevez ce type d’appel, ne tapez sur aucune touche et raccrochez. Ensuite, selon votre situation :

  1. Vérifiez vos comptes depuis votre application ou le site de votre banque, que vous ouvrez vous-même, jamais depuis un lien reçu.
  2. En cas de doute, appelez votre banque au numéro inscrit dans votre application, sur votre carte ou sur vos relevés. Pas au numéro qui vous a appelé.
  3. Si vous avez donné un code ou validé une opération, faites opposition sur votre carte sans attendre, changez le mot de passe de votre banque en ligne et signalez chaque opération frauduleuse à votre banque pour en demander le remboursement.
  4. Gardez toutes les traces : heure de l’appel, numéro affiché, SMS reçus, captures de l’application.
  5. Si votre carte a servi, déclarez la fraude sur Perceval, la plateforme du ministère de l’Intérieur, puis déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie.
  6. Si un numéro s’est affiché, signalez-le par SMS au 33700 en écrivant « spam vocal » suivi du numéro. Pour être guidé, le site 17Cyber et la ligne gratuite Info Escroqueries au 0 805 805 817 répondent aux victimes.

Sur un compte pro, ajoutez un réflexe : prévenez les autres personnes qui ont accès au compte, associé, comptable ou salarié avec une carte, car le même appel peut leur parvenir dans la foulée.

Lisa

Rédaction — banque et finance

Lisa écrit sur la banque professionnelle et les services financiers depuis plus de trois ans. Elle ouvre les comptes qu’elle teste, utilise les applications au quotidien et relève les grilles tarifaires ligne à ligne, plutôt que de reprendre les argumentaires commerciaux. Sur Les Outils Pro, elle couvre la banque pro, les néobanques et les moyens de paiement.

Publié le 9 octobre 2026 Mis à jour le 9 octobre 2026