Vous préparez une demande de prêt pour votre entreprise ? Que regarde la banque pour accorder un prêt professionnel ? En premier lieu, la capacité d’autofinancement (CAF) et le taux d’endettement de l’entreprise. Elle vérifie ensuite que votre prévisionnel tient la route, que vous apportez une partie des fonds et que le prêt peut être garanti.
En résumé
• Capacité de remboursement : la CAF doit couvrir les échéances. Repère courant, des dettes financières remboursables en 3 ans de CAF au plus.
• Taux d’endettement : les dettes financières ne dépassent pas les capitaux propres.
• Apport personnel : 20 à 30 % du projet en création, souvent davantage pour l’achat de murs.
• Prévisionnel : business plan, plan de financement et plan de trésorerie réalistes sur 3 ans.
• Historique : bilans des 3 derniers exercices, relevés sans incident, cotation Banque de France.
• Garanties : caution du dirigeant, nantissement, hypothèque ou garantie Bpifrance.
• En cas de refus : demandez les raisons à la banque, puis saisissez gratuitement la Médiation du crédit.
Les critères retenus par les banques pour accorder un prêt professionnel
Le banquier se pose une seule question : votre entreprise pourra-t-elle payer ses échéances sans mettre sa trésorerie en danger ? Pour y répondre, il calcule quelques ratios sur vos comptes, ou sur votre prévisionnel si l’entreprise n’existe pas encore, puis il regarde votre profil de dirigeant. Voici les critères dans l’ordre où ils pèsent sur la décision.
La capacité d’autofinancement et la capacité de remboursement
La CAF mesure l’argent que votre activité génère elle-même, sans emprunt ni apport nouveau. C’est avec cette somme que vous rembourserez le prêt. On la calcule en partant du résultat net, auquel on ajoute les dotations aux amortissements et aux provisions, et dont on retire les reprises sur provisions et les produits de cession d’actifs.
La banque en tire deux ratios :
- Dettes financières / CAF : le nombre d’années de CAF nécessaires pour rembourser toutes les dettes. Jusqu’à 3 ans, le dossier est jugé bon ; entre 3 et 10 ans, moyen ; au-delà, risqué.
- Échéances annuelles / CAF : la part de la CAF absorbée par les remboursements. Visez moins de 50 %, pour garder de quoi investir et encaisser un imprévu.
Exemple : votre CAF est de 40 000 € par an et vous demandez 50 000 € sur 5 ans à 4 %. L’échéance mensuelle est d’environ 921 €, soit 11 050 € par an. Le remboursement absorbe 28 % de la CAF : le ratio est confortable. Ces seuils sont des repères d’analyse, pas des règles fixes. Un prêt immobilier se finance couramment sur 15 ou 20 ans, avec une hypothèque en contrepartie.
Le taux d’endettement et l’équilibre entre fonds propres et emprunts
Le taux d’endettement rapporte les dettes financières de l’entreprise à ses capitaux propres. Les dettes financières comprennent les emprunts en cours, le prêt demandé et les comptes courants d’associés non bloqués. Le repère le plus utilisé : les dettes financières ne dépassent pas les capitaux propres, soit un ratio inférieur à 1.
Plus vos fonds propres sont élevés, plus la banque est rassurée : ils prouvent que les associés ont misé leur propre argent, et ils absorbent les pertes avant que le prêteur ne soit touché. Si le ratio est trop élevé, la banque peut proposer un montant plus faible, exiger un apport complémentaire ou demander que vos comptes courants d’associés soient bloqués pendant la durée du prêt.
L’excédent brut d’exploitation
L’EBE indique ce que rapporte votre activité courante, avant amortissements, frais financiers et impôt. Il se calcule ainsi : chiffre d’affaires, plus subventions d’exploitation, moins achats consommés, charges externes, impôts et taxes, et charges de personnel.
La banque le compare à vos charges financières (les intérêts payés). Un ratio EBE / charges financières supérieur à 8 est jugé bon, entre 2 et 8 moyen, et en dessous de 2 risqué. Ce critère vient après la CAF et le taux d’endettement : il départage rarement un dossier à lui seul.
Le besoin en fonds de roulement
Le BFR est l’argent immobilisé par votre cycle d’exploitation : stocks, plus créances clients, moins dettes fournisseurs. Si vos clients vous paient à 60 jours et que vous réglez vos fournisseurs à 30 jours, vous avancez un mois d’achats en permanence.
Un BFR élevé n’est pas un motif de refus, mais la banque vérifie qu’il est financé dans votre plan de financement. Un projet qui oublie le BFR manque de trésorerie dès les premiers mois, même avec un bon chiffre d’affaires. À l’inverse, un commerce payé comptant par ses clients et à crédit par ses fournisseurs a un BFR négatif, qui soulage sa trésorerie.
La viabilité du business plan et du prévisionnel
Pour une création ou un nouveau projet, les ratios reposent sur des prévisions. La banque lit donc votre business plan : étude de marché, stratégie commerciale, concurrence, emplacement. Elle vérifie ensuite que les chiffres en découlent logiquement : chiffre d’affaires prévisionnel, seuil de rentabilité, compte de résultat et plan de trésorerie mensuel de la première année.
Un prévisionnel trop optimiste inquiète plus qu’il ne convainc. Justifiez chaque hypothèse (panier moyen, nombre de clients, prix d’achat) par des devis, des chiffres de votre secteur ou votre expérience passée. Un prévisionnel établi ou relu par un expert-comptable est mieux reçu.
L’équilibre du plan de financement
Le plan de financement met face à face les besoins et les ressources du projet. D’un côté, les investissements, le BFR de départ et les frais d’établissement. De l’autre, les apports en capital et en compte courant, les prêts d’honneur, les subventions et le prêt bancaire demandé. Les deux colonnes doivent être égales, et le plan de trésorerie doit montrer que le compte reste positif chaque mois une fois les échéances payées.
L’apport personnel du dirigeant
L’apport montre que vous prenez une part du risque. Pour une création d’entreprise, la plupart des banques attendent 20 à 30 % du montant total du projet. Pour une reprise, 20 % suffisent parfois, car l’entreprise rachetée a déjà des comptes. L’exigence monte en revanche pour l’achat de murs commerciaux ou dans un secteur jugé risqué. Pour financer le développement d’une entreprise qui dégage déjà une CAF solide, l’apport est moins systématique.
L’apport peut venir de votre épargne, d’un prêt d’honneur (prêt personnel à taux zéro, qui compte comme un apport aux yeux de la banque) ou de la love money de vos proches. Déposé au capital, il est d’abord bloqué sur un compte le temps de l’immatriculation : notre guide du dépôt de capital social en banque détaille la procédure.
La cotation Banque de France
Si votre entreprise existe déjà, la banque consulte sa cotation dans le fichier FIBEN de la Banque de France. Elle associe une cote d’activité, une lettre qui reflète la taille du chiffre d’affaires, et une cote de crédit, qui mesure la capacité à tenir ses engagements financiers sur un à trois ans. La cote de crédit va de 3++, la meilleure, à P pour une entreprise en procédure collective.
Depuis le 12 janvier 2025, seules les entreprises dont le chiffre d’affaires atteint 1 250 000 € font l’objet d’une analyse de leurs comptes par la Banque de France. Les autres ne reçoivent une cote défavorable qu’en cas d’information négative, comme un incident de paiement ou une décision de justice. Le dirigeant peut connaître sa cotation gratuitement et demander une explication auprès de la succursale de la Banque de France.
Les bilans et comptes de résultat des 3 derniers exercices
Pour une entreprise en activité, la banque analyse les liasses fiscales des trois derniers exercices. Elle y cherche une tendance plus qu’une photographie : un chiffre d’affaires qui progresse, une marge stable, des capitaux propres qui ne fondent pas. Une année de perte s’explique (investissement, crise ponctuelle), une série de pertes beaucoup moins. L’ancienneté compte aussi : une entreprise qui a passé ses trois premières années présente un risque de défaillance plus faible.
L’historique bancaire et vos comptes personnels
Si vous êtes déjà client, la banque connaît le fonctionnement de votre compte : découverts répétés, rejets de prélèvements, commissions d’intervention. Dans une autre banque, elle demande les relevés professionnels des trois à six derniers mois. Tenir un compte sans incident avant la demande est la préparation la plus simple.
Vos comptes personnels sont aussi examinés, surtout si vous êtes entrepreneur individuel ou si vous vous portez caution. C’est là qu’intervient le taux d’endettement personnel pour un prêt professionnel : la banque vérifie que vos revenus du foyer couvrent vos crédits personnels (immobilier, auto) pendant les mois où l’entreprise ne vous rémunère pas encore. Une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) ou au fichier central des chèques (FCC) ferme presque toujours la porte d’un prêt bancaire.
Si vos finances personnelles et professionnelles passent encore par le même compte, séparez-les avant de déposer votre demande. Notre article compte pro ou compte perso vous aide à choisir.
| Indicateur | Calcul | Bon dossier | Dossier risqué |
|---|---|---|---|
| Capacité de remboursement | Dettes financières / CAF | 3 ans ou moins | Plus de 10 ans |
| Poids des échéances | Échéances annuelles / CAF | Moins de 50 % | Plus de 100 % |
| Taux d’endettement | Dettes financières / capitaux propres | Inférieur à 1 | Nettement supérieur à 1 |
| Couverture des intérêts | EBE / charges financières | Plus de 8 | Moins de 2 |
| Apport en création | Apport / coût total du projet | 30 % ou plus | Moins de 15 % |
Quelles sont les conditions pour obtenir un prêt professionnel ?
Le prêt professionnel est ouvert à toute personne qui exerce une activité économique : micro-entrepreneur, entrepreneur individuel, profession libérale, artisan, commerçant, société de toute taille. Il finance un projet lié à l’activité : matériel, véhicule, travaux, fonds de commerce, locaux, ou besoin de trésorerie.
Pour que votre demande de prêt bancaire pour entreprise ait des chances d’aboutir, réunissez ces conditions :
- un projet chiffré, avec des devis pour chaque investissement ;
- une capacité de remboursement démontrée par vos comptes ou votre prévisionnel ;
- un apport personnel proportionné au risque ;
- des comptes professionnels et personnels sans incident ;
- une ou plusieurs garanties ;
- un compte professionnel ouvert au nom de l’entreprise, souvent dans la banque prêteuse, qui demande en général d’y domicilier une partie des recettes.
Sachez aussi qu’un emprunteur professionnel ne bénéficie pas des protections du crédit à la consommation ou du crédit immobilier des particuliers. Pas de délai de réflexion légal avant de signer l’offre de prêt professionnel, et pas de condition suspensive d’obtention du prêt automatique dans un compromis d’achat : prévoyez-la vous-même dans l’avant-contrat.
Prêt professionnel sans apport
Un prêt bancaire classique sans aucun apport est rarement accordé en création. Trois solutions permettent de contourner l’obstacle :
- Le prêt d’honneur : un prêt personnel sans intérêt ni garantie, accordé par des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre. Vous l’apportez ensuite à l’entreprise, et la banque le compte comme de l’apport.
- Le microcrédit professionnel : destiné aux créateurs qui n’obtiennent pas de prêt bancaire, il est plafonné à 17 000 € depuis le 4 décembre 2024. L’Adie et France Active en sont les principaux acteurs.
- Le crédit-bail : pour un véhicule ou du matériel, le bailleur reste propriétaire du bien, ce qui réduit son risque et l’apport demandé.
Faut-il fournir une garantie pour obtenir un prêt professionnel ?
Presque toujours. La garantie ne rend pas un mauvais dossier acceptable, mais elle limite la perte de la banque si l’entreprise ne rembourse pas. Selon l’objet du prêt et le risque, la banque demande une ou plusieurs sûretés :
- la caution personnelle du dirigeant, la plus fréquente pour les petites entreprises ;
- le nantissement du fonds de commerce, des parts sociales, d’un contrat d’assurance vie ou d’un compte d’épargne ;
- le gage sur un véhicule ou du matériel financé ;
- l’hypothèque ou le privilège de prêteur de deniers pour un achat immobilier ;
- la garantie d’un organisme tiers : Bpifrance, France Active ou une société de caution mutuelle comme la SIAGI.
Chaque garantie a un coût (frais d’acte, commission de garantie), à intégrer dans la comparaison des offres.
Les garanties de Bpifrance et de France Active
Ces organismes ne vous prêtent pas d’argent : ils garantissent la banque. La garantie création de Bpifrance couvre jusqu’à 60 % du prêt accordé à une PME de moins de trois ans (création, reprise de fonds, franchise). La banque la sollicite elle-même, sans instruction préalable jusqu’à 200 000 € de prêt. Les garanties de France Active couvrent jusqu’à 80 % du montant emprunté, sans caution personnelle, pour certains profils (femmes entrepreneures, habitants de quartiers prioritaires, personnes en situation précaire).
Demandez à votre conseiller si votre prêt peut en bénéficier : une garantie de ce type limite en général la caution personnelle exigée de votre part.
La caution engage votre patrimoine personnel
En vous portant caution, vous vous engagez à rembourser sur vos biens personnels si l’entreprise ne paie plus, même si elle est une SARL, une SAS ou une EURL.
Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel est séparé de son patrimoine professionnel. Cette protection ne joue pas face à une sûreté que vous signez, comme une caution, ni si vous y renoncez à la demande écrite de la banque. La renonciation porte sur un engagement précis et ne peut être signée qu’après un délai de réflexion de 7 jours francs.
Limitez le montant et la durée de la caution, et lisez-la avant de signer.
Quels documents dois-je fournir pour obtenir un prêt professionnel ?
Un dossier complet est traité plus vite, et une pièce manquante suffit à le mettre en attente. Chaque banque a sa liste, mais elle reprend presque toujours les pièces suivantes.
Documents du porteur de projet et des associés
- pièce d’identité en cours de validité ;
- CV détaillé qui met en avant vos diplômes et votre expérience dans le secteur ;
- justificatif de domicile de moins de 3 mois ;
- relevés de comptes bancaires personnels des 3 derniers mois ;
- derniers avis d’imposition, en général les deux derniers ;
- justificatifs de l’apport personnel (relevés d’épargne, accord de prêt d’honneur).
Documents économiques et financiers du projet
- business plan : présentation du projet, étude de marché, stratégie commerciale ;
- prévisionnel financier sur 3 ans : compte de résultat prévisionnel, bilan prévisionnel, plan de financement ;
- plan de trésorerie mensuel de la première année ;
- devis et bons de commande de chaque investissement à financer (matériel, travaux, logiciels).
Documents juridiques et administratifs
- statuts signés, ou projet de statuts si la société est en cours de création ;
- extrait Kbis de moins de 3 mois, ou extrait du registre national des entreprises pour un entrepreneur individuel ;
- bail commercial, promesse de bail ou titre de propriété du local ;
- RIB du compte professionnel.
Si l’entreprise existe déjà ou en cas de reprise
- liasses fiscales complètes des 3 derniers exercices (bilans, comptes de résultat, annexes) ;
- relevés de comptes bancaires professionnels des 3 à 6 derniers mois ;
- tableaux d’amortissement des crédits en cours ;
- situation comptable intermédiaire si le dernier bilan date de plus de six mois ;
- compromis de vente ou protocole d’accord signé, et bilans de la cible, pour le rachat d’un fonds de commerce ou de parts sociales.
Est-il possible de obtenir un prêt professionnel sans justificatif ?
Non, pas auprès d’une banque. Un établissement de crédit doit évaluer la solvabilité de l’emprunteur et connaître son identité : sans comptes, sans relevés et sans pièce d’identité, aucune banque ne prêtera. Méfiez-vous des annonces de prêt « sans justificatif » sur les réseaux sociaux : ce sont le plus souvent des arnaques qui réclament des frais avant tout versement.
Un prêt professionnel en ligne peut en revanche alléger les formalités. Plusieurs plateformes de financement demandent seulement une connexion sécurisée à votre compte bancaire, qui leur donne accès à vos relevés, et vos derniers comptes. La réponse arrive en quelques jours, contre plusieurs semaines en agence, avec un taux généralement plus élevé.
Obtenir un prêt professionnel rapidement
Pour un besoin de trésorerie urgent, un prêt amortissable n’est pas toujours la bonne réponse. L’affacturage vous avance le montant de vos factures clients, la facilité de caisse couvre un décalage de quelques jours, et votre banque habituelle, qui connaît déjà vos comptes, répond plus vite qu’un nouvel établissement. Pour une entreprise en difficulté qui cherche un prêt urgent, contactez d’abord la Médiation du crédit présentée plus bas, avant que la situation ne se dégrade.
Quelle est la meilleure banque pour un prêt professionnel ?
Il n’existe pas de meilleure banque pour un prêt professionnel valable pour tous : la bonne banque pour un prêt professionnel est celle qui connaît votre secteur et accepte votre dossier aux meilleures conditions. Commencez par la banque qui tient déjà votre compte, puis mettez-la en concurrence avec deux ou trois autres, ou passez par un courtier en crédit professionnel.
Les banques en ligne sont très compétitives sur le compte courant, mais la plupart ne proposent pas de prêt d’investissement à leurs clients professionnels, ou seulement via des partenaires. Pour un financement important, les réseaux traditionnels restent incontournables. Nos comparatifs des comptes pro pour SASU, SARL, EURL et auto-entrepreneur précisent quelles offres incluent du crédit.
Pour comparer chaque offre de prêt professionnel, regardez au-delà du taux :
- le taux effectif global, qui intègre les frais de dossier, de garantie et d’assurance ;
- la durée, en rapport avec la durée de vie du bien financé ;
- les garanties exigées, en particulier le montant de la caution personnelle ;
- l’assurance emprunteur, que vous pouvez souscrire ailleurs si la banque l’accepte ;
- les indemnités de remboursement anticipé, librement fixées par le contrat pour un prêt professionnel ;
- les contreparties demandées : domiciliation des recettes, souscription d’autres services.
Simulation prêt professionnel
Un simulateur de prêt professionnel donne l’échéance à partir du montant, de la durée et du taux. Les simulateurs des banques, comme la simulation d’emprunt du Crédit Agricole, fournissent un ordre de grandeur, mais le taux réel ne sera connu qu’après l’étude du dossier. Faites la simulation avant le rendez-vous, puis reportez l’échéance obtenue dans votre plan de trésorerie pour vérifier qu’il reste positif.
| Montant emprunté | Durée | Taux (exemple) | Échéance mensuelle | Coût des intérêts |
|---|---|---|---|---|
| 50 000 € | 5 ans | 4 % | 921 € | 5 250 € |
Le taux d’un prêt professionnel dépend de la durée, du montant, des garanties et du risque de votre dossier. Le taux de l’exemple sert au calcul, il ne constitue pas une offre. Hors assurance et frais de garantie.
Que faire en cas de refus de prêt professionnel ?
Commencez par demander à la banque pourquoi elle refuse. La loi l’oblige à communiquer à une entreprise qui sollicite un prêt sa notation interne et une explication des éléments qui ont conduit à cette notation, si vous en faites la demande (article L313-12-1 du Code monétaire et financier). Vous saurez ainsi s’il faut revoir le montant, renforcer l’apport, ajouter une garantie ou retravailler le prévisionnel.
Si le refus vous semble injustifié, saisissez la Médiation du crédit de la Banque de France. Le service est gratuit et confidentiel, et ouvert à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique. Le dossier se dépose en ligne ; le médiateur vérifie sa recevabilité sous 48 heures, puis les banques disposent de 5 jours ouvrés pour réexaminer leur position. La médiation peut aussi être saisie si votre banque ne répond pas à votre demande de crédit après 15 jours ouvrés.
Notre conseil
Calculez vous-même vos ratios avant de rencontrer le banquier. Si vos dettes financières dépassent vos capitaux propres ou si les échéances absorbent plus de la moitié de votre CAF, corrigez le projet avant de déposer la demande : réduisez le montant, allongez la durée si le bien financé le permet, ou ajoutez un prêt d’honneur à votre apport.
Présentez ensuite un dossier court et chiffré : une page de synthèse (le projet, le montant demandé, l’apport, les garanties proposées), puis le business plan et le prévisionnel. Déposez-le dans deux ou trois banques en même temps, et demandez si le prêt peut bénéficier d’une garantie Bpifrance : c’est le meilleur moyen de réduire la caution qu’on vous demandera.
Questions fréquentes
La banque regarde-t-elle mon taux d'endettement personnel pour un prêt professionnel ?
Oui, surtout si vous êtes entrepreneur individuel ou si vous vous portez caution. La banque vérifie que les revenus de votre foyer couvrent vos crédits personnels pendant le démarrage de l’activité, et que vos comptes personnels ne présentent pas d’incident.
Combien d'apport faut-il pour un prêt professionnel ?
Pour une création, comptez en général 20 à 30 % du coût total du projet. La banque peut en demander davantage pour l’achat de murs commerciaux ou dans un secteur jugé risqué. Un prêt d’honneur apporté à l’entreprise compte comme de l’apport.
Combien de temps faut-il pour obtenir un prêt professionnel ?
Comptez plusieurs semaines entre le dépôt d’un dossier complet et le déblocage des fonds dans une banque traditionnelle, davantage si une garantie ou une hypothèque doit être mise en place. Les plateformes de prêt en ligne répondent plus vite, pour des montants plus modestes et à un taux souvent plus élevé.
Les intérêts d'un prêt professionnel sont-ils déductibles ?
Oui, au régime réel : les intérêts et l’assurance emprunteur du prêt sont des charges de l’entreprise qui réduisent son résultat imposable. Un micro-entrepreneur ne peut pas les déduire, car son bénéfice est calculé par un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires.
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